Architecture

Hudson, gloire et beauté

Publié le : Auteur: Manuel EVENO Laisser un commentaire
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L’actualité d’Hudson est actuellement riche en rebondissement !

Hudson versus JenkinsHudson est un serveur d’intégration continue (CI). Associé à un gestionnaire de sources, il permet d’automatiser et de systématiser un certain nombre de tâches liées au développement logiciel : génération de code, compilation des sources, exécution des différents jeux de test, exécution d’outil de vérification et de mesure de la qualité, automatisation du déploiement, etc. Tout ceci dans l’optique de vérifier en continue la qualité des sources commitées sur le gestionnaire de sources.

Divorce

Lors du rachat de Sun par Oracle, les développeurs qui maintiennent le célèbre serveur d’intégration continue Hudson avaient subit quelques désagréments de la part d’Oracle et de ses méthodes peu orthodoxes. S’en était suivi une migration des sources par la communauté sur GitHub, quelques articles et mails  d’échanges enflammés pour arriver au final à la séparation (un fork des sources). Ce fork du projet Hudson a depuis pris le nom de Jenkins.

Depuis, nous avons aussi vu Sonatype, la société qui supporte beaucoup le développement de Maven, pourtant un acteur connu de l’Open Source, se déclarer en faveur d’Hudson (la version d’Oracle donc) plutôt que Jenkins.

Stratégie étonnante qui a finalement ajouté un peu plus de confusion, de vive réaction de part et d’autres et qui rend encore plus incertain l’avenir.

Quelle solution va se démarquer entre Hudson, supporté par Oracle et Sonatype ou Jenkins supporté par la communauté qui l’a vu naître et qu’il l’a fait vivre jusqu’ici ?

La communauté Jenkins, en tout cas, était bien décidée à se démarquer de son ancêtre et avait entrepris de moderniser son code et d’ajouter rapidement des nouvelles fonctionnalités. Ainsi, depuis quelques temps, des « hackathlons » sont organisés, le premier ayant vu le jour en Allemagne à Hamburg le dimanche 1er mai, le deuxième étant programmé à Paris le samedi 28 mai. Ces journées « Hackathlon » ayant pour but de solidariser la communauté voir de la faire grossir et bien sur de faire évoluer Jenkins.

Oracle n’ayant pas non plus dit son dernier mot, a sorti il y a peu un Hudson 2.0 qui, même s’il apportait quelques nouveautés, avait surtout pour but de montrer que malgré le départ de la communauté le projet n’était pas mort.

Médiation puis réconciliation ?

Pourtant, face à cette communauté très active et malgré le support de Sonatype, Oracle semble avoir capitulé et vient de proposer son produit Hudson à la fondation Eclipse. Il lui cèdera le code source, le nom de domaine ainsi que la marque Hudson par la même occasion.

De son côté, Mike Milinkovitch, patron de la fondation Eclipse, salue la soumission d’Oracle et explique sur son blog que désormais Hudson évoluera dans un environnement neutre, non associé à un éditeur, de façon transparente, et au sein d’une organisation à but non-lucratif.  “Un des points clés qui a divisé la communauté Hudson / Jenkins était l’équilibre entre les aspects communautaires et ceux liés aux entreprises du projet Hudson”, souligne-t-il. En ce sens, Eclipse semble constituer la réponse adéquate.

Il semblerait définitivement qu’Oracle et l’Open Source ne fasse pas bon ménage (souvenez-vous d’Open Office).

Reste à savoir comment va réagir la communauté Jenkins à cette annonce et si elle va accepter de renouer avec Hudson. Elle peut y voir un premier intérêt : retrouver le nom Hudson qui avait gagné jusqu’ici une certaine renommée dans les entreprises et qui est sur toutes les lèvres quand on parle de serveur d’intégration continue Open Source…