JAVA est-il toujours un long fleuve tranquille ?

JAVA offre t-il toujours la même visibilité ?

JAVA offre t-il toujours la même visibilité ?

Après un démarrage contesté et quelques tâtonnements à la fin des années 90, JAVA a su s'imposer comme le meilleur rempart contre l'hégémonie menaçante de Microsoft au cours des années 2000.

A cette époque, SUN, IBM et ORACLE, alliés et promoteurs (pour certains) des technologies open source, ont convaincu le monde informatique des bienfaits d'une technologie marquant l'aboutissement de 30 ans d'évolution et de recherche en logiciel : technologies orientées objet, langage abouti, librairie technique standardisée et complète. JAVA est ainsi devenu le choix incontournable de la plupart des DSI, entre autre désireuses de s'émanciper des coûts de licence WINDOWS serveur, de profiter de l'ouverture maximale du "Write Once, Run Everywhere", mais aussi d'adopter des standards pérennes.

Le rachat de SUN par ORACLE, peut cependant marquer le glas d'une période de choix tranquille. On assiste ainsi au démontage progressif des actifs du patrimoine open source de SUN (MYSQL, OPEN OFFICE, OPEN SOLARIS) et une question de fond me vient à l'esprit : toute talentueuse et motivée que soit une communauté open source, saura-t-elle continuer à fournir un niveau de produits et de services conforme aux attentes professionnelles, sans le soutien formel d'un industriel du logiciel ? En d'autres termes, que serait devenu le standard d'architecture JEE sans Websphere et Weblogic,  ainsi qu'ECLIPSE sans IBM ?

Par ailleurs, la question de la propriété intellectuelle de JAVA, qui tombe dans l'escarcelle d'ORACLE, n'est pas totalement neutre. ORACLE dispose ainsi d'un droit implicite sur l'utilisation commerciale de toutes plates-formes JAVA.  Il s'agit là d'une arme hautement stratégique qui peut être brandie en menace à tout instant. Le déclenchement de contre-réactions durables à l'encontre de la marque ORACLE rend heureusement ce scénario plutôt improbable.

Ne nous leurrons pas cependant, ORACLE n'est pas une société philanthrope, et une stratégie de conquête par quartiers semble se profiler. A ce titre, la certification de compatibilité (licence TCK - Test Compatibility Kit) n'est plus gracieusement concédée à la communauté APACHE, de même qu'une restriction des droits d'utilisation de JAVA sur les plateformes mobiles est explicite. ORACLE révèle également sa volonté de peser sur l'évolution de la plateforme, dans un style qui pourrait déplaire à ses partenaires. Est-ce l'annonce d'une technologie qui arrive à maturation ?

En réaction, la fondation APACHE menace déjà de se retirer de la communauté JAVA (JCP - Java Community Process) à laquelle elle participe depuis 10 ans. Si JAVA perd sa légitimité open source, c'est le risque de trouver demain une profusion de versions différentes de JDK (JAVA Development Kit)  et une régression sur le terrain de la portabilité et de la compatibilité. A cela, les DSI risquent de voir leurs coûts de maintenance augmentées en tests de qualification des applications et en maîtrise des migrations.

Plus que jamais, la qualité d'exécution des processus de développement/maintenance et la rigueur dans la définition des architectures d'entreprise deviennent critiques. Leur rôle peut être révélé par l'avenir qu'ORACLE réserve à JAVA et les dissensions qui se manifestent aujourd'hui sont certainement le révélateur de chantiers à inscrire d'urgence au plan d'actions 2011/2012.

Quelques liens pour en savoir plus :

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