La peur, l’ennemi du travail collaboratif

Image crise pour illustrer la peur

La crise

Dans un contexte économique mondial morose que les spécialistes qualifient de crise, force est de constater que la crise n’est pas seulement économique mais qu’elle touche l’entreprise dans toutes ses couches et particulièrement dans sa dimension humaine. Le matraquage des médias à propos de la crise génère de la peur et une certaine perte de confiance, un repli protectionniste. D'un monde ouvert et globalisé nous ressentons une tendance à vouloir se protéger des autres et de l’environnement extérieur. « Restons sur ce que nous maîtrisons ! ». Mais cette crise est globale, systémique et touche toutes les couches d'une organisation: sociale, technique et économique. Alors faut-il avoir peur de tout ou laissons-nous entrevoir quelques poussées d’optimisme ?

Dans l’entreprise, nous pouvons observer de nouvelles problématiques organisationnelles où le rôle des cadres n’est plus très bien défini, où les managers subissent les critiques de la base car ils ne leur donnent pas les moyens de bien travailler, et aussi des dirigeants car ils n’ont pas assez de résultats au regard des actionnaires.

Du point de vue social, il suffit d’observer l’incompréhension de certains collaborateurs à qui on ne donne pas la parole et qui ont finalement l’impression de n’être qu’un numéro parmi tant d’autres. Ils se sentent affectés à une tâche précise alors que leurs compétences sont multiples et ils pourraient ainsi en faire profiter la communauté. Ils ne font que reproduire des comportements qu’ils ont en surfant sur des réseaux sociaux professionnels de type Linkedin et Viadéo…

Techniquement parlant, force est de constater que l’usage actuel des outils de gestion de type CRM, ERP atteignent leurs limites car ils ne sont pas assez ouverts, souples et accessibles et nécessitent finalement beaucoup de développements spécifiques et de formation à l’utilisation avant d’être véritablement opérationnels.

Enfin on se rend compte que les sujets de rentabilité et de ROI sont les sujets à la mode lorsqu’on parle de réseaux sociaux d’entreprise. Mais comment mesurer l’apport d’une dynamique positive issue d’un projet collaboratif puisqu’il touchera les sphères organisationnelles, sociales et techniques de votre entreprise ? Les réflexions sur le sujet sont en cours mais il faut avouer que c’est complexe d’un premier abord et ça fait peur!  En bref, le système entreprise est en crise et les changements font peur!

Tant que votre culture d’entreprise baignera dans la peur et cette ambiance de crise, je peux affirmer que vous ne serez pas encore prêt à l’entreprise 2.0 dite sociale et collaborative. Il est donc d’autant plus nécessaire d’investir dans la R&D et de mettre à disposition des employés des outils simples et efficaces. Ceux-ci leur permettront de partager leurs idées, de faciliter l’émergence d’innovation, de favoriser de nouvelles pratiques, de se laisser le temps d’explorer certaines idées qui pourront se transformer en opportunités et enfin de leur laisser le droit à l’erreur du moment qu’on sait leur donner un retour sur expérience.

Personnellement, je préfère mettre en avant les formidables opportunités qui se cachent derrière ces peurs primaires. Devenons transparents, ayons confiance dans le travail de l’autre en n’hésitant pas à réagir et à partager notre point de vue, ouvrons les frontières de nos périmètres métiers pour tendre vers plus de créativité et l’innovation. Devenons intelligent collectivement !

Pour creuser le sujet et prendre un peu de recul sur la mode 2.0 :

> Travail coopératif, quand la distance permet le rapprochement (pdf)

4 commentaires

  1. Contre la peur, une seule arme : l’éducation (dans tous les sens du terme). Mais comme je te le disais à un autre endroit, éduquer, former, préparer les gens au changement à un coût que ne veulent pas forcément prendre en charge l’entreprise. Toi, comme moi avons un caractère curieux et ouvert et nous allons vers la nouveauté.

    Je pense que nous sommes des « early adopters » puis des « techno shammans » une fois que l’on a compris l’intérêt et le profit d’une nouveauté.

    Mais pour la majorité, le changement, sans un cadre de formation, tu as de grande chance de perdre des personnes qui aiment le confort des habitudes (il n’y a qu’à entendre les discussions des cantines d’entreprise dès que l’on change le logiciel de messagerie).

    La curiosité n’est malheureusement innée et pour avoir vu différents changements (pas forcément vers du réseau social) sans accompagnement de l’entreprise, c’est là où tu génères de la peur et de la défiance.

  2. C’est clair, nous avons bien pu l’observé chez un fabriquant de voiture bien connu 🙂
    Si on se remet dans le contexte du projet :
    – multitudes de métiers et d’interlocuteurs différents qui n’ont pas le même langage et surtout pas les mêmes objectifs
    – pas de pilote dans le projet
    – des tableau d’indicateurs à fournir à de trop nombreuses personnes
    – etc.
    On a pu améliorer des choses mais je pense qu’il aurait fallu reprendre le processus du début à la fin en mettant tous les interlocuteurs autour d’une table. Le fait qu’il n’y ait pas de pilote et des enjeux de pouvoirs trop différents nous en à empêcher.
    Donc oui l’éducation et l’apprentissage mais des fois c’est simplement des méthodes de management de projet qui mérite d’être revue avec un autre point de vue, celui du client.

  3. En France, le changement ne se produit pas quand il est souhaitable, mais quand il est possible. Et ce qui rend le changement possible, c’est la crise. Le problème, c’est que cette dernière a toujours un coût humain et financier considérable.
    Source :http://www.focusrh.com/strategie-rh/organisation-et-conseil/a-la-une/les-entreprises-vont-dans-le-mur-avec-leur-systeme-coercitif.html?utm_source=NL-FocusRH_20111201&utm_medium=Newsletter&utm_term=a-la-une&utm_content=6746&utm_campaign=liens-textuels

  4. Face à la crise : repli sur soi, révolte, ou mutation ?
    (par Etienne Barbier) – La crise impose des contraintes absolues à nos certitudes. Les repères disparaissent, et, fait nouveau, cette mise sous stress est générale. Entreprises, association, organisation parapublique, voire service de l’Etat : nul n’est a priori à l’abri de ses conséquences.
    > http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/management/autres/221140738/face-a-crise-repli-soi-revolte-mutation

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