L’innovation par le management

Avant de se lancer tête baissée dans un processus d'innovation, voir de R&D, il est intéressant d'analyser l'écosystème dans lequel on évolue. La première étape de ce processus est de bien se définir. Qui je suis ? Quelles sont mes valeurs ? Qu'est-ce que je fais, pour qui et comment ? (Si vous ne savez pas pourquoi vous le faites, le problème est plus profond ; )

Qui suis-je ?
Dans l'ensemble des projets collaboratifs auxquels j'ai pu participer, j'ai toujours commencé mes réunions en demandant à mes clients : "Quel est votre métier ?". Certes cela pouvait surprendre car après une réponse à appel d'offre, on connait déjà notre interlocuteur.
DSI, DIRCOM, DRH ou DG, bien que faisant partie de la même organisation, ils ne parlent pas forcement le même langage et leur métier est différent. Les enjeux de chacun ne sont pas les mêmes malgré des objectifs d'entreprise communs. Il est donc nécessaire de bien (re)définir son métier.

Qu'est-ce que je fais ? Pour qui je le fais ?
La phase de conception est la partie que je préfère. En gros il s'agit de concevoir une page d'accueil de site internet ou d'intranet qui met en valeur les compétences, le service ou le produit pour un public cible. Pour un site internet, c'est classique mais pour une division ou un service interne qui souhaite créer ou revoir sa page intranet, cela remet souvent en question beaucoup de choses.
D'un coup on s’interroge sur notre rôle dans l'entreprise, on se demande qui est responsable de quoi et dès fois, c'est même la première fois qu'on se pose des questions sur notre public, notre cible et surtout leurs besoins.

Comment je le fais ?
Si vous vous demandez comment faire votre métier c'est soit que vous commencez votre activité ou que vous êtes en pleine réflexion pour le faire autrement. C'est peut-être l'opportunité de prendre conscience de nouveaux enjeux :

  • en intégrant de plus en plus les collaborateurs dans le projet d'entreprise,
  • en donnant les moyens de communiquer de manière plus transparente et transverse,
  • en capitalisant sur les connaissances de l'entreprise.

Les dernières décennies ont vu l'essor des analyses de processus qu'il faut toujours plus optimiser pour augmenter la rentabilité. Les conséquences sont que les silos métier se sont renforcés et que le syndrome du petit chef s'est développé à outrance en ne favorisant pas les échanges.
Il est donc nécessaire de prendre conscience de la situation et enfin de tout mettre en œuvre pour créer des liens, encourager les idées, identifier les utilisateurs clés, favoriser les échanges, les commentaires et enfin valoriser pour motiver. C'est une démarche qui peut faire peur mais je suis certain que vous pouvez commencer ce genre de projet à petite échelle...

> A lire pour les curieux et pour en savoir plus : La Bureaucratie Moderne – l’organisation rétrograde mutante

La peur, l’ennemi du travail collaboratif

Image crise pour illustrer la peur

La crise

Dans un contexte économique mondial morose que les spécialistes qualifient de crise, force est de constater que la crise n’est pas seulement économique mais qu’elle touche l’entreprise dans toutes ses couches et particulièrement dans sa dimension humaine. Le matraquage des médias à propos de la crise génère de la peur et une certaine perte de confiance, un repli protectionniste. D'un monde ouvert et globalisé nous ressentons une tendance à vouloir se protéger des autres et de l’environnement extérieur. « Restons sur ce que nous maîtrisons ! ». Mais cette crise est globale, systémique et touche toutes les couches d'une organisation: sociale, technique et économique. Alors faut-il avoir peur de tout ou laissons-nous entrevoir quelques poussées d’optimisme ?

Dans l’entreprise, nous pouvons observer de nouvelles problématiques organisationnelles où le rôle des cadres n’est plus très bien défini, où les managers subissent les critiques de la base car ils ne leur donnent pas les moyens de bien travailler, et aussi des dirigeants car ils n’ont pas assez de résultats au regard des actionnaires.

Du point de vue social, il suffit d’observer l’incompréhension de certains collaborateurs à qui on ne donne pas la parole et qui ont finalement l’impression de n’être qu’un numéro parmi tant d’autres. Ils se sentent affectés à une tâche précise alors que leurs compétences sont multiples et ils pourraient ainsi en faire profiter la communauté. Ils ne font que reproduire des comportements qu’ils ont en surfant sur des réseaux sociaux professionnels de type Linkedin et Viadéo…

Techniquement parlant, force est de constater que l’usage actuel des outils de gestion de type CRM, ERP atteignent leurs limites car ils ne sont pas assez ouverts, souples et accessibles et nécessitent finalement beaucoup de développements spécifiques et de formation à l’utilisation avant d’être véritablement opérationnels.

Enfin on se rend compte que les sujets de rentabilité et de ROI sont les sujets à la mode lorsqu’on parle de réseaux sociaux d’entreprise. Mais comment mesurer l’apport d’une dynamique positive issue d’un projet collaboratif puisqu’il touchera les sphères organisationnelles, sociales et techniques de votre entreprise ? Les réflexions sur le sujet sont en cours mais il faut avouer que c’est complexe d’un premier abord et ça fait peur!  En bref, le système entreprise est en crise et les changements font peur!

Tant que votre culture d’entreprise baignera dans la peur et cette ambiance de crise, je peux affirmer que vous ne serez pas encore prêt à l’entreprise 2.0 dite sociale et collaborative. Il est donc d’autant plus nécessaire d’investir dans la R&D et de mettre à disposition des employés des outils simples et efficaces. Ceux-ci leur permettront de partager leurs idées, de faciliter l’émergence d’innovation, de favoriser de nouvelles pratiques, de se laisser le temps d’explorer certaines idées qui pourront se transformer en opportunités et enfin de leur laisser le droit à l’erreur du moment qu’on sait leur donner un retour sur expérience.

Personnellement, je préfère mettre en avant les formidables opportunités qui se cachent derrière ces peurs primaires. Devenons transparents, ayons confiance dans le travail de l’autre en n’hésitant pas à réagir et à partager notre point de vue, ouvrons les frontières de nos périmètres métiers pour tendre vers plus de créativité et l’innovation. Devenons intelligent collectivement !

Pour creuser le sujet et prendre un peu de recul sur la mode 2.0 :

> Travail coopératif, quand la distance permet le rapprochement (pdf)